Franck Louvrier, l’homme de l’ombre chargé de la communication du président provoque un tollé sur le web avec sa tribune mêlant Twitter, démocratie, iran et…Hadopi. Un mélange des genres qui passe mal mais qui lui permet d’obtenir le prix Busiris de Maitre Eolas. Revue du web. Bref, pour convaincre les internautes du bien-fondé de la loi Hadopi, Franck Louvrier tente de transférer le débat : du terrain de la protection du droit d’auteur vers celui de la défense de la libre expression. Les internautes qui téléchargent illégalement seraient-ils des censeurs en puissance ?
Franck Louvrier vient sans aucun doute de réussir à déclencher une sacré polémique avec sa tribune parue dans le Monde, vendredi dernier et intitulée : » Internet et son potentiel démocratique ». Un titre en apparence généraliste mais par lequel il montre aussi que pour lui Internet n’est pas encore démocratique.
Twitter, Facebook, il aime ça oui. C’est le symbole de la démocratie et de la libre-parole sur Internet. Utilisant les exemples des élections américaines et de la crise iranienne, il relève toutefois la nécessité pour la presse professionelle de trier le bon grain de l’ivraie. Jusque là, pas de souci. Mais s’appuyer sur Hadopi comme un exemple à suivre ? Numérama peine à trouver le lien entre les deux sujets.
« M. Louvrier veut voir dans Twitter un outil où la source de l’information doit être authentifiée pour être crédible. « Ce qui menace Twitter, c’est moins la censure que la contrefaçon, la copie, en somme, le faux« , dit-il, en appelant le lecteur internaute à se méfier du « faux témoignage (écrit, photo ou vidéo) qui viendrait d’une source déguisée, d’une source officielle et politique qui ne dirait pas son nom pour mieux instrumentaliser l’émotion de ses effets » explique Gilles Champeau dans Numérama.
En résumé, il estime que la loi Hadopi est un système qui doit permettre à la France de connaître les sources des communications explique Mobigeeks. Sauf que…mettre les révoltés iraniens et un artiste « victime » du piratage sur le même plan, c’est un peu gonflé comme le souligne le blog Aporismes. « Ainsi il en va de même pour l’étudiant révolté des rues de Téhéran que pour l’artiste qui enregistre sa chanson à Paris : l’enjeu est de s’assurer que la vaste diffusion de son message n’étouffe jamais le lien qui l’unit à chacun de ses destinataires. Reconnaître le caractère inaliénable d’un témoignage personnel, tel est le sens profond de la réflexion en cours dans Hadopi, qui rayonne bien au delà de l’industrie du disque, jusqu’au sens de notre vie en commun dans une démocratie ».
Un grand écart intellectuel qui étonne Claude Soula sur le Nouvel Obs, surtout après l’affaire de Luc Châtel et Intermarché.
Cerise sur le gâteau pour le conseiller du Président, Maitre Eolas, un avocat blogueur lui décerne le prix « Busiris », qui récompense une affirmation juridiquement aberrante, si possible contradictoire, teintée de mauvaise foi et mue par l’opportunité politique plus que par le respect du droit. Un titre déjà décerné à Rachida Dati, Xavier Bertand ou encore Claude Guéant.
Source : letelegramme.com
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